Exemples de sujets – DALF Niveau C2

NIVEAU C2

ÉPREUVE ÉCRITE

Vous êtes parent d’élève dans une école francophone qui publie une petite revue trimestrielle. Vous avez accepté de rédiger pour le prochain numéro un article sur le thème : « Comment rendre l’école plus efficace ? »

A l’aide du dossier joint et d’apports personnels, vous rédigez un texte structuré dans lequel vous prenez clairement position sur la question et proposez des solutions concrètes, en adoptant un style approprié et un ton convaincant.

700 mots minimum

L’usage de dictionnaires monolingues français/français est autorisé.

DOCUMENT 1

Devoirs de vacances, plaisirs d’écoliers…

Abandonnez sans état d’âme le traditionnel cahier de vacances que les trois quarts des enfants ne terminent pas : la liste des produits alternatifs qui visent à « faire aimer » autant qu’à « faire réviser » est longue. Pour éviter d’oublier en deux mois des compétences si chèrement apprises durant l’année, mais aussi pour se cultiver !

Que restera-t-il à la rentrée des acquis de l’année scolaire ? Cerveau et seau de plage jouent-ils les vases communicants ? Concentrés toute l’année sur les résultats scolaires de leurs enfants, les parents ne sont pas prêts à laisser les bains de mer ou de soleil délaver les tables de multiplication, les plus-que-parfait de l’indicatif et autres théorèmes de géométrie si chèrement acquis. Pour conjurer les deux mois de vacances, ils achètent donc leur potion en librairie pour un investissement moyen de 7 euros. Cela s’appelle cahier de vacances, et 4,5 millions d’écoliers et d’élèves n’ont d’autre solution que de lui trouver une place dans leur valise. Après, c’est une autre affaire. A tel point que, parmi les parents qui ont investi dans ces produits, 4,4 % déclarent que leur enfant ne l’a jamais ouvert… et 72,2 % qu’il ne l’a utilisé qu’en partie. Des chiffres tirés d’une des rares enquêtes sur le sujet, réalisée en 2000 (publiée en 2001) par l’Institut de recherche sur l’économie de l’éducation (Irédu) auprès des parents de 2 500 enfants de l’académie de Dijon (Côte-d’Or). Qu’est-ce qui peut bien poser problème dans ces petits livrets pourtant plutôt attractifs pour que seuls 23,4 % de leurs détenteurs arrivent au bout ? Jeune retraité de l’éducation nationale, Roger Rougier a sa réponse. « Je les ai subis, et je les ai fait subir à mes enfants, jusqu’à ce que j’ose m’en affranchir, résume cet inventeur de produits plus ludiques. Je les ai abandonnés le jour où j’ai commencé à faire tenir des cahiers d’été à mes enfants et à créer des jeux avec eux. Je me souviens d’un été durant lequel nous nous étions beaucoup déplacés en caravane. En quittant chaque étape, mes enfants dessinaient le lieu ou une personne qu’ils y avaient rencontrée. A la fin des vacances, nous avons assemblé ces vignettes et créé ensemble un jeu de l’oie. Comme support d’échange, ça a été fantastique. Nous ne pouvions pas faire une partie sans que l’un d’eux ne raconte un épisode ou un personnage », rappelle celui qui, ni vu ni connu, a fait, par ce biais, travailler la narration à ses enfants. Jouer sur le ludique Fort de ce succès, Roger Rougier a continué à développer cette approche amusante des apprentissages. Très vite, il s’est mis à créer des fiches de logique. « Je l’ai fait pour ma classe parce que les enfants aiment raisonner, que cela les met en confiance et qu’ensuite ils sont disponibles pour une leçon », se souvient-il. Ce qui est étonnant, c’est que les énigmes et les problèmes conçus pour la classe régalent aussi les petits vacanciers. Explication de l’auteur : « Ce sont des jeux qui obligent à une réflexion, un travail intellectuel ; mais l’idée de jeu masque le côté labeur ». Vendus sous forme de petits formats noir et blanc, ses Jeux pour s’entraîner à raisonner (Retz) ou ses Jeux de calcul mental (Retz) trompent bien leur petit monde ! Pas au point qu’il faille en limiter la consommation, mais tout de même… D’autres éditeurs exploitent le créneau, et Internet regorge de sites intéressants qui permettent une approche moins scolaire, certes, mais tellement plus amusante, des mathématiques. Comme Jean-Christophe Deledicq, un informaticien fondateur de la librairie des maths, pour qui « il y a tellement de manières d’aimer les mathématiques [qu’il propose] de nombreux produits plus ou moins littéraires, plus ou moins ludiques ». Son espace virtuel, unique en son genre, fête ses deux ans d’existence, et propose une belle collection d’alternatives au cahier de vacances. « Si j’étais parent d’un collégien, je lui conseillerais de lire cet été Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit, de Mark Haddon (Nil et Pocket Jeunesse), de jouer au Triolet (Editions Tilsit), qui est une sorte de Scrabble des nombres, deux nouveautés intéressantes. Mais d’autres pourront préférer L’Assassin des échecs (Le Pommier) ou Les Annales du Kangourou (Editions du Kangourou) ». Pour JeanChristophe Deledicq, l’essentiel est que l’enfant se fasse plaisir tout en révisant. Français et mathématiques sont – personne ne s’en étonnera – les deux disciplines les plus révisées durant l’été. Pour mieux maîtriser son langage en septembre qu’en juin, l’écrivain Yak Rivais propose une approche très personnelle qui n’en finit pas de séduire. Cet auteur tellement lu pour sa Grammaire impertinente propose aussi… des Jeux pour lire vite (Retz). De quoi faire aimer la grammaire aux plus récalcitrants ! Qui résiste en effet au plaisir de « schtroumpfer » son texte, c’est-à-dire d’y remplacer tous les verbes d’action et les participes passés par le verbe « schtroumpfer », correctement accordé, bien sûr ? Qui se refuserait à trouver le plus rapidement possible le mot le plus long d’un petit texte ? Ou à identifier des mots cachés… Le tout, les mains dans les poches, puisque le principe de ces jeux, c’est que l’enfant « travaille » toujours sans crayon. Il croit s’amuser, alors qu’il est en train de travailler ! Comme avec Les sorcières sont NRV (Ecole des loisirs), qui n’ont pas pris une ride depuis 1988, et où articles, adverbes et pronoms entrent dans une danse endiablée, ou encore avec LFHE la sorcière (Ecole des loisirs), où cette fois ce sont les adjectifs qui sont prestidigitisés. D’autres auteurs ont exploité ce terrain comme Erik Orsenna et ses Chevaliers du subjonctif, sorti à l’automne 2004 (Le Monde de l’éducation n° 328, septembre 2004). Ne pas faire classe Pour Yak Rivais, le langage fait certes travailler le cerveau, mais aussi l’œil et l’oreille. Celui qui, à 65 ans, apprécie toujours autant ses visites dans les classes, estime que les parents ont parfois trop négligé des choses très simples. A ses yeux, en effet, tout commence avec les comptines, et si autant d’enfants ne maîtrisent pas suffisamment leur langue maternelle aujourd’hui, c’est qu’on a un peu oublié de les aider à développer leur oreille. « Comment voulez-vous demander une analyse grammaticale ou parler du pronom relatif à un enfant qui n’emploie que des propositions juxtaposées ? », regrette-t-il. Le travail sur le langage doit se faire tous les jours, en aidant l’enfant à construire des phrases de plus en plus élaborées, mais aussi en lui enseignant la musicalité de la langue très jeune grâce à ces comptines, insistet-il. Autant d’acquis essentiels qui n’interdisent pas la révision d’un ou deux points pour l’enfant qui en a vraiment besoin ou envie. L’idéal est évidemment que le parent sache sur quelles notions son enfant a achoppé durant l’année. Mais, attention, repartir du cours qui n’a pas été compris n’est pas la panacée. « Si les parents refont l’école à la maison, c’est perdu. C’est comme s’ils redonnaient des épinards à celui qui ne les aime pas. S’ils s’y prennent autrement, alors c’est un plus », note Claire, une enseignante de CM2. Comme le rappelle le directeur du laboratoire de psychologie cognitive de l’université de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Michel Fayol, le rôle des parents n’est pas de se transformer en répétiteur, mais de répondre à un besoin ou à une envie. Une limitation d’autant plus efficace que, comme le rappelle le chercheur, « les apprentissages distribués sont plus efficaces que les apprentissages regroupés ». Autrement dit, il ne faut pas dégainer des révisions tous les jours. « Une fois par semaine suffit en général à ne pas oublier une ou deux choses, et un peu plus à la veille de la rentrée », estime-t-il. Juste assez pour prendre la pleine mesure du bonheur d’être en vacances !

Marilyne Baumard Le Monde de l’Education – n° 337 – juin 2005

DOCUMENT 2

L’EXPERT

Alain Lieury, universitaire, spécialiste de la mémoire

L’oubli, un processus normal

« L’oubli est normal. Il se produit en général sur des informations mal enregistrées. Ainsi, un texte mémorisé une seule fois est oublié au bout de quelques jours. Mais il peut aussi se produire sur des informations bien enregistrées qu’on a du mal à retrouver dans la grande bibliothèque de notre mémoire », rappelle Alain Lieury, universitaire spécialiste de la mémoire. Pour ce scientifique qui travaille depuis trente ans sur le sujet, le fait de « revoir » une notion permet de mieux la mémoriser. « Nous avons deux grandes mémoires. Une mémoire lexicale qui enregistre la carrosserie des mots, et une mémoire sémantique qui compile du sens. Le « rebâchage » envoie les données dans la première mémoire, tandis que plusieurs approches différentes d’un même sujet vont permettre de dégager du sens et d’envoyer les données communes au cœur de la mémoire sémantique », explique-t-il. Ainsi, un enfant qui a appris une leçon très scolaire sur un sujet, et qui durant ses vacances verra un documentaire sur le même thème, trouvera matière à faire passer ce qu’il y a de commun entre les deux dans sa mémoire sémantique. Si la connaissance est convoquée une troisième fois, lors de la visite d’un musée par exemple, elle sera encore mieux assimilée et il sera d’autant plus facile de se la remémorer ensuite. « Parce que les révisions aident à faire retrouver la trace du rangement au sein de sa mémoire, ajoute-t-il. Un enfant peut avoir parfois l’impression d’avoir complètement oublié une connaissance acquise durant l’année scolaire. Un simple indice donné durant les vacances va lui permettre de remonter le fil et de la retrouver. Revue une fois, elle sera cette fois plus facilement accessible ».

Le Monde de l’Education – n° 337 – juin 2005

DOCUMENT 3

Enquête IREDU On peut progresser pendant l’été A qui profite le temps estival ? La réponse des chercheurs de l’Irédu, établie à partir de l’analyse du travail estival des niveaux scolaires en juin et en septembre de 2500 enfants de CM1 de l’académie de Dijon, est sans appel. Une « veille scolaire » intelligente est efficace. Cette attitude se lit moins à travers le support choisi (cahier ou pas cahier) que dans l’attitude éducative des familles. On peut faire des mots croisés ou visiter un musée et progresser. On peut réviser ses conjugaisons et ne pas les savoir mieux à la rentrée ! Pourtant, globalement, les chercheurs ont noté qu’un cahier de vacances terminé par l’enfant « améliore ses connaissances dans toutes les disciplines, avec un effet très marqué en mathématiques ». Mais ils ont aussi noté que le logiciel éducatif est lui aussi efficace, comme les activités organisées par les familles elles-mêmes. « A certains enfants, ceux des milieux les plus favorisés, ces deux mois permettent de bénéficier à temps plein de leur environnement plus favorable et d’activités, parfois en apparence peu scolaires, qui renforcent leurs compétences ; à d’autres il fournit l’occasion de s’atteler à un véritable travail, assez structuré, fortement encadré, qui doit conduire au minimum au maintien des acquis scolaires. Ceux qui ne participent pas au mouvement, peu sollicités par leur famille, ou rebelles à leur demande, ont de fortes chances de se laisser distancer dans la compétition, dont ils pensent, à tort, que la reprise officielle n’est programmée qu’à la rentrée scolaire ». Bref, même en maillot de bain, un écolier reste un écolier !

Le Monde de l’Education – n° 337 – juin 2005

DOCUMENTS ICONOGRAPHIQUES